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Jean Beaudet

Jean Beaudet

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Pianist and composer Jean Beaudet is cited in The Oxford Companion to Jazz as being the direct descendant to Oscar Peterson and Paul Bley. Far from intellect and reason, his music has an emotional but powerful touch and his style can encompass cool, funk, hard bop and free jazz styles, but is nothing if not intense. Beaudet’s latest project, a solo piano recording titled Seul au Piano, offers a most intimate portrait (new release!).

Jean Beaudet is something of a romantic. He’s not, however, the least bit sentimental about it. The Canadian pianist is a romantic in the classic sense, an artist ruled by passion – an artist whose creative personality is defined in terms of its expressivity, drama and abandon, all nevertheless displayed with due respect to the strictures and structures of modern jazz.
If Beaudet, as heard unaccompanied on Seul au Piano, follows in any specific jazz tradition, it’s simply the tradition of pianists for whom the piano is not an instrument to be played lightly – a tradition that encompasses modernists as dissimilarly assertive as Kenny Barron and Ran Blake or McCoy Tyner and Mal Waldron. Whatever they all share in terms of attack, though, their devices are not Beaudet’s devices – their passions are not his passions.

Such intensity and resolute individuality set Beaudet apart on the Canadian scene, where jazz musicians tend to put peace, order and good government above all else. But if Beaudet’s uncompromising attitude has meant that he stands a little to one side of the spotlight in Canada – the left side, as this political metaphor would have it – he has still had a very productive career in the nearly 30 years that he has lived in Montreal, both as leader and in the company of such equally resolute individualists as guitarist Nelson Symonds, drummer Guy Nadon and saxophonists Léo Perron and Dave Turner.

Seul au Piano is his fifth recording under his own name and, no less than the others, the work of a restless mind and a fearless soul. Five of the eight Beaudet compositions on the CD – Wait for Me, Let’s Dance, Le Plaisir et le Péril, Ti-Jean Carignan (named for the renowned Quebec fiddler) and Le Messager – receive dense, emphatic and unsparing performances in which dazzling right-hand lines spiral and soar in close coordination with deft left-hand prompts and probes. It’s virtuoso stuff, but Beaudet’s virtuosity is typically a means an end, not an end in itself – a human rather than mechanical sort of virtuosity that allows for tangles, trip ups and invariably quick recoveries no less than it supports passages of pure inspiration.

The other tracks on Seul au Piano offer contrast, if not complete respite – the reflective Far Away, the darkly sinister Le Doux-Fort Noir and the positively rhapsodic Un Girafeau s’approche. Here, too, emotion runs deep and yet is rarely very far from the surface – an apparent dichotomy, perhaps, but also the very quality that makes Seul au piano so compelling from first to last. Mark Miller, Toronto, March 2008 (Mark Miller was the jazz critic for The Globe and Mail from 1978 to 2005 and is the author of the 2001 Miller Companion to Jazz in Canada and seven other books).

jazz_introspectif

Dans le Oxford Companion to Jazz, on désigne ce pianiste comme l’héritier direct d’Oscar Peterson et de Paul Bley. Jean Beaudet joue la carte de l’émotion, loin de l’intellect et de la raison, pour atteindre les cordes sensibles de la composition et de l’improvisation.

Jean Beaudet est en quelque sorte un romantique. Cependant, il ne s’agit aucunement de sentimentalité. Ce pianiste canadien est romantique dans le sens classique du terme, un artiste dominé par la passion, un artiste dont la personnalité créative se définit par son expressivité, son drame, et son abandon, qui se manifestent néanmoins en accordant toute l’importance voulue aux règles et structures du jazz moderne.

Si Jean Beaudet, qu’on entend sans accompagnement dans Seul au Piano, se rattache à une tradition de jazz particulière, ce serait tout simplement celle des pianistes qui croient que le piano n’est pas un instrument à jouer à la légère – une tradition comprenant des modernistes qui s’imposent de façon aussi différente que Jenny Barron et Ran Blake, ou McCoy Tyner et Mal Waldron. Quels que soient leurs traits communs sur le plan de l’attaque, ils n’empruntent pas les mêmes procédés que Jean Beaudet et leurs passions ne sont pas les siennes.
Une telle intensité et individuallité résolue distinguent Jean Beaudet sur la scène canadienne, ou les musiciens jazz ont tendance à valoriser la paix, l’ordre et le bon gouvernement par-dessus tout. Mais si la fermeté de Jean Beaudet signifie qu’il s’est taillé une place dans un secteur particulier au Canada – la gauche, comme le sous-entend cette métaphore politique- il mène toutefois une carrière très productive depuis les quelque 30 années qu’il vit à Montréall en tant que chef de file et en compagnie d’individualités aussi résolues que le guitariste Nelson Symonds, le batteur Guy Nadon, et les saxophonistes Léo Perron et Dave Turner.

Seul au piano est le cinquième enregistrement à son nom, et non moins que les autres, le produit d’un esprit insatiable et d’une âme audacieuse. Cinq des huit compositions de Jean Beaudet sur le disque (Wait for Me, Let’s Dance, Le Plaisir et le Péril, Ti-Jean Carignan du nom du célèbre violoniste québécois, Le Messager) font l’objet d’une interprétation dense, vigoureuse et inlassable dans laquelle le jeu linéaire éblouissant de la main droite est coordonné étroitement avec les citations et explorations habiles de la main gauche. C’est la performance d’un virtuose, mais la virtuosité de Jean Beaudet est généralement un moyen d’atteindre un but, et non le but lui-même – une virtuosité humaine plutôt que mécanique, qui comprend des enchevêtrements, des écarts, des remises en garde rapides, mais également des passages que l’on qualifierait d’inspiration pure.

Les autres pistes de Seul au Piano offrent un contraste, si ce n’est un répit absolu – le pensif Far Away, les sinistre Le doux-fort noir, et le rhapsodique Un Girafeau s’approche. Ici également, les émotions sont profondes, mais rarement très loin de la surface – cela pourrait sembler une dichotomie, mais c’est justement cette qualité qui fait de Seul au Piano un disque si passionnant du début à la fin. Mark Miller, Toronto, mars 2008 (Mark Miller a été le critique de jazz du Globe and Mail de 1978 à 2005, et est auteur du livre The Miller Companion to jazz in Canada -2001, et de sept autres ouvrages).

“…highly personal composer and performer who manages to maintain a pure reverence for the jazz tradition while… taking it in a different direction’’ All About Jazz


Albums_Sur disque

Seul au Piano (Elephant Records 2009)

"La grande maturité L'expérience jazzistique de Jean Beaudet est complète. Seul au piano, il repasse ici sa propre trajectoire musicale, en rejaillit sa profonde expérience du jazz contemporain. Des dizaines de milliers d'heures ont conduit à cette maturité, à cette expression de haute tenue. On en ressent la passion, le lyrisme, la densité des émotions et de la pensée, la richesse conceptuelle, l'ouverture sur le présent et l'avenir, l'intransigeance, le tourment, l'implication totale. Intense, fourni, touffu, spectaculaire jusque dans ses minuscules imperfections, ce jeu survole l'histoire du piano jazz et nous en suggère des vues imprenables. On en contemple les avancées harmoniques, on se laisse happer par l'hyperémotif qu'a toujours été Jean Beaudet, encore excitant et d'autant plus touchant après tant d'années. Seul au piano, il nous rappelle que le jazz, aussi actuel soit-il, est d'abord une affaire de tripes, dont la tête et lesmains sont les fidèles serviteurs. Alain Brunet, La Presse (2009)

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